Les Arméniens de Géorgie dénoncent leurs conditions de vie

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13-03-2005
Une manifestation s'est tenue à Akhalkalak (le centre administratif de Djavakhk en Géorgie, majoritairement peuplé d'Arméniens). Son objectif était de dénoncer la politique du changement démographique destiné à faire diminuer, voir disparaitre, la population arménienne de Djavakhk.

Le mot d'ordre de cette manifestation était : "Non aux changements démographiques forcés". Les manifestants avaient 4 revendications :

1. Oui à une loi à être voté par le parlement Géorgien pour protéger et garantir les droits des minorités nationales en Géorgie, notamment la minorité arménienne.
2. Oui à une augmentation des pouvoirs de l'administration au niveau local et régional.
3. Non au démantèlement de la base militaire russe dans le Djavakhk, car les troupes russes représentent un facteur de stabilité et jouent un rôle primordial économique, plus grand employeur de la région.
4. Oui à la création d'un programme socio-économique. Oui à la création d'une infrastructure économique.

La manifestation était organisée par "Union de société - Djavakhk Uni" composée des organisations suivante : l'Union des organisations de société de Samtskhe-Djavakhk, l'Union culturelle et sportive des jeunes Arméniens et le Mouvement National Djavakhk. Le but de "Union de société - Djavakhk Uni" est la protection de la culture Arménienne à Javakhk.


Précisions sur la région :

Le Djavakhk une région qui est en majorité peuplé par des Arméniens ethniques. Depuis l'indépendence de la Géorgie, la situation économique de la region n'a cessé de s'aggraver et beaucoup d'habitants sont partis en Russie ou ailleurs pour gagner leur vie. Les droits des minorités ne sont pas respectés et la politique géorgienne vise à l'obtention d'un changement dans la composition démographique de Djavakhk.
Une des stratégies employées est d'empêcher le développement économique de la region pour forcer les Arméniens à s'exiler, une autre est l'établissement d'institutions géorgiennes, l'aide financiere et matérielle aux Géorgiens venant s'installer à Djavakhk et la discrimination des institutions arméniennes telles que les écoles etc...
La Géorgie demande la fermeture de la base militaire russe à Akhalkalak (Djavakhk), qui est le plus grand employeur de la région et un certain facteur de stabilité.


Moscou et ses bases militaires en Géorgie ...

La Russie, promettant vendredi 11 mars 2005 d'intensifier les négociations, a voulu calmer le jeu après l'ultimatum du Parlement géorgien exigeant le retrait des bases militaires russes avant janvier 2006, mais elle fait face à une pression croissante pour que son armée quitte cette ex-république soviétique.

"Des discussions ont lieu" et "nous nous sommes récemment mis d'accord pour intensifier le processus de négociations au cours des deux prochains mois", a relevé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Il a assuré devant la presse que "le pouvoir exécutif" géorgien n'avait pas soutenu l'initiative des députés.

"Il n'est pas utile de faire du bruit autour de ça" et "ce n'est pas aux organes législatifs de discuter de cette question: cela gène les négociations", a renchéri le porte-parole du ministère, Alexandre Iakovenko.

Le Parlement géorgien a adopté jeudi 10 mars une résolution très ferme, donnant à Moscou jusqu'au 1er janvier 2006 pour évacuer ses deux dernières bases de Géorgie, date au-delà de laquelle elles seraient déclarées "illégales".

Il a demandé au gouvernement de préparer d'ici mi-mai une liste de mesures qui entreraient en application au cas où Tbilissi ne parviendrait pas à se mettre d'accord avec la partie russe sur "un calendrier de retrait concret".

Le ministère russe de la Défense a qualifié cette initiative de "contre-productive»." Ce problème ne sera pas réglé par la pression», mais par des négociations, a dit son porte-parole Viatcheslav Sedov.

Mais la pression monte sur Moscou, accusée par les députés géorgiens de faire volontairement "traîner les choses".

Dès l'arrivée au pouvoir, l'an dernier, du président pro-occidental Mikhaïl Saakachvili, héros de la "révolution de la rose", Colin Powell, alors secrétaire d'Etat américain, demandait le retrait des troupes russes et exprimait son soutien aux nouveaux dirigeants.

"La présence des troupes russes n'est pas conforme aux engagements pris à Istanbul", disait-il, alors que l'influence, économique et militaire, des Etats-Unis dans ce pays du Caucase n'a pour sa part pas cessé de croître ces dernières années.

C'est en 1999 à Istanbul que la Géorgie et la Russie avaient signé une déclaration par laquelle Moscou s'engageait à évacuer deux de ses quatre bases et à présenter un calendrier sur la fermeture des deux dernières. Ce dernier point n'a depuis pas avancé.

Mais Moscou ne se considère pas tenu par des limites de temps pour ce faire.

Lors d'une récente conférence sur la sécurité, à Munich, l'ancien ambassadeur américain aux Nations unies, Richard Holbrooke, interrogeait à nouveau le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov sur la date du départ des troupes russes.

"A Istanbul, plusieurs pays membres de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) s'étaient dits prêts à accorder une contribution financière pour ce retrait", a souligné vendredi M. Lavrov, ajoutant qu'il faudrait donc encore "des consultations à ce sujet".

Moscou joue en Géorgie un jeu géo-stratégique qui pourrait s'avérer dangereux, et qui au lieu de préserver son influence dans le Caucase, pourrait se retourner contre elle dans toute l'ex-URSS, prévenait vendredi le quotidien libéral russe Kommersant.

"Le problème ne se réduit pas à un débat sur les délais et les éventuelles compensations financières, les enjeux sont beaucoup plus sérieux", touchant à l'influence de la Russie dans le Caucase et même jusqu'en Asie centrale, notait Kommersant.

Mais "les tentatives de maintenir à tout prix sa présence militaire" en Géorgie peuvent coûter cher à Moscou, ajoutait le journal: "la politique de fermeté de Moscou envers Tbilissi inquiète de plus en plus les élites politiques dans l'ex-URSS, et y rend la position de la Russie de plus en plus fragile".

CDCA
Comité de Défense de la Cause Arménienne