LEURS PROPRES MOTS

Lisez ici ce que les personnes interviewées dans le film ont à dire.

 

 

 

 

 

 

SAMVEL KARAPETIAN, Research on Armenian Architecture

Le gouvernment de Gamsakhourdia a commencé une nouvelle hysterie anti-arménienne. Sous Chevardnadze cela continua plus calmement mais non moins activement. Et maintenant, cette estafette fut reléguée à Saakachvili qui la poursuit avec fierté. Pendant des années, le rôle negatif dans l'effacement de nos traces en Géorgie fut joué par le Patriarche Géorgien, Ilia II. Un homme qui fut en prison pour vol. Quelqu'un purement par hasard, qui n'a rien avoir avec la religion. Et quelqu'un de complètement irrationel.

Effacer des khtatchkars et inscriptions n'efface pas la présence arménienne ici. Il y a des milliers de documents. Heureusement tout fut photographié et conservé. A quel point faut-il être primitif pour prendre le marteau et casser les inscriptions arméniennes! A quel point être aveugle! Etre dans un état aussi lamentable que les hommes politiques et le clergé géorgien aujourd'hui… Je ne sais pas si la Géorgie s'est jamais trouvée dans une situation plus misérable. Détruire aveuglément une partie de sa culture parce qu'elle est arménienne. Jour et nuit ils sont occupés a l'effacer. Mais tous les faits sont enregistrés. Et ces faits travailleront demain contre eux. Ils creusent un fossé pour eux-mêmes. Ce fossé est devenu précipice et ils tomberont dans ce précipice. Il ne se peut autrement. Ils osent se tenir à côté des nations civilisées. Avec cette politique c'est impossible! La monnaie leur sera rendue. Tout sera remis à sa place.

   

 

 

 

 

S.E. Msgr. CLAUDIO GUGEROTTI, Nonce Apostolique pour la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaijan

Un autre problème non résolu de grande importance est comment enregistrer l'Eglise catholique. Et c'est le même problème que les autres églises qui ne sont pas l'église orthodoxe géorgienne ont dans ce pays. Ce retard a déjà été crtitqué par le Conseil d'Europe. Maintenant ils ont essayé … de reécrire le code civil. Maiis jusqu'à maintenant nous n'avons pas d'idée comment nous allons progresser dans cette question. Il est difficile, sinon impossible d'enregistrer les églises historiques de la Géorgie comme sujets de droit civil. Nous espérons que nous pourrons discuter de ce problème le plus tôt possible.

Nous attendons une solution depuis 10 ans. Je pense qu'il est grand temps de résoudre ce problème. Il a commencé avec l'église catholique avec l'invitation du Ministre des affaires étrangères de signer un accord. Et quand notre ministre est arrivé, le gouvernement géorgien précédent a refusé de signer. Donc nous sommes toujours dans la même situation, qui n'est pas acceptable d'un point de vue humain et d'un point de vue du droit international.

   

 

 

 

 

 

 

KHATSHATUR GEVORGYAN, peintre et figure publique

Vous voyez l'église géorgienne Ste. Trinité est encore en construction. Elle sera la plus grande en Géorgie. Son but est de rassembler la nation. Qu'y avait-il à sa place? L'église arménienne Notre Dame. Elle fut détruite en 1937. Et l'endroit fut transformé en parc. On construisit un cinema, un jardin d'enfant et le maison des scouts. Puis, en 1962, l'école no. 98. Il est vrai que l'école etait surtout fréquentée par des élèves arméniens, mais c'était une école russe. Tous les enfants arméniens du quartier allaient à cette école. Hélas, dans le but d'élargir le territoire de l'église… l'école fut rasée en l'espace de quelques jours. Complètement rasée. Les restes sont là-bas. Regardez.

Qui reposait ici!? Nos grands Arméniens! Les Beiboutians. Les Généraux Beiboutian. Nos grands et riches. Quand je me rappelle des tombes, je reste perplexe. Que s'est-il passé? Mon grand-père était enterré ici. Ma grand-mère était enterrée ici. Grand-père Hovanes et grand-mère Nina. Je ne comprends pas ce qui se passe. Pourquoi donc ainsi?

Je n'oublierai jamais comment les bulldozers détruisaient les tombes. Des milliers d'os furent déterrés … Ils les sortaient et les jetaient quelque part dans les montagnes. Les tristes et tragiques restes. Je les ai vu construire les fondations de l'école no. 98. Les corps étaient entassés. Les cadavres récents encore habillés. Que dire? Il me peine de me rappeler.

 

 

 

 

 

 

Un homme de Kimbirda, Javakhk

Nous connaissons bien l'histoire. Cette nation n'a pas eu sa propre architecture. Toute l'architecture géorgienne est fondée sur l'architecture arménienne. Durant les siècles 5-6-7, il n'y avait pas d'églises géorgiennes. Les Arméniens et les Géorgiens célébraient la messe commune en Arménien. Les Arméniens sont restés fidèles aux racines de leur ancienne église, alors que d'autres nations ne soutiennent les Arméniens aujourd'hui sur les fondements de cette église. C'est la même chose maintenant. Comme si c'etait leur propre pays, ils viennent avec le Premier Ministre (géorgien)… Va comprendre pourquoi le clergé (géorgien) vient en compagnie du Premier Ministre.

Nous n'avons pas de ressentiments envers d'autres nations ou gouvernements. Mais si une nation veut envahir jusqu'à ta maison, tu dois défendre ta maison, non? Et non seulement la tienne, mais aussi celle de ton voisin et de ton concitoyen.

Cela veut dire que peu importe ce que désirent ou ne désirent pas les Géorgiens, la base de notre église est forte. Regardez, combien de jeunes sont rassemblés ici! Le village est fort, la foi est forte et la jeunesse est forte. C'est pourquoi nous n'avons pas de ressentiments envers d'autres nations mais nous ne laisserons aucune autre nation venir à Kimbirda et nous envahir, que ce soit pour des raisons politiques ou trahison idéologique.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

Mme. LAZAREV

Sarkis: - Est-ce que beaucoup d'Arméniens habitaient ici?
Mme Lazarev: - Il y avait les Lazarevs, Oganovs, Vartanovs, Chakarovs, Berelovs, Aroutinians.
Saris: - Y-en reste-t-il?
Mme Lazarev: - Non, personne sauf nous.
Sarkis: - Sont-ils partis ou ont-ils changé de noms?
Mme Lazarev: - Ils sont partis. Pas de noms, pas de fils et pas de petits-fils. Il ne reste que nous deux soeurs.
Sarkis: - Et où sont partis les Arméniens d'ici?
Mme Lazarev: - Nulle part. Ils sont tous morts.
Sarkis: - Alors qui reste?
Mme Lazarev: - Ceux qui restent, leurs fils et petits-fils habitent à Tbilissi.
Sarkis: - Ont-ils des noms de famille?
Mme Lazarev: - En fait, ils ont tous changé (de nom). Les Chakarovs sont devenus Chakarachvili. Les Okanovas - Alania, le nom de famille de la mère. Les noms arméniens ne sont plus “en vogue”.
Sarkis: - Furent-ils obligés de changer?
Mme Lazarev: - Bien sûr. Ils ne les laissaient pas vivre en paix, personne ne les aimait, car ils vivaient mieux que les autres. Ils vivaient bien et riche, ils avaient des commerces. Maintenant ils ne font plus de commerce, mais les Géorgiens. A chaque pas une boutka (petit magasin). Maintenant ce sont eux.
Sarkis: - Etaient-ils forcés de changer de nom?
Mme Lazarev: - Ils ont tous changé de nom, bien sûr. Tout le monde a changé. Sauf nous. Et les Oganovs. Les autres ont tous changé.

   

 

ANDRANIK MARGARIAN, Premier Ministre de l'Arménie

Hier, lors de mon entrevue avec le Premier Ministre (géorgien), nous avons décidé de former un groupe de travail. En plus, nous tentons d'aligner les questions soulevées par nous… avec le cadre legislatif géorgien. Aujourd'hui, il n'y a pas de loi sur la religion, mais tôt ou tard la Georgia viendra à en voter. C'est un pas nécessaire pour un pays dans une dynamique d'intégration dans les structures européennes. Comme une telle loi n'existe pas en Géorgie, nous devons résoudre ces questions au sein du cadre legislatif existant. La matière est plutôt pour les avocats que pour l'Eglise ou les historiens. Nous essayons de progresser, du moins jusqu'à ce que le cadre législatif nécessaire soit établi en Géorgie.

   

 

 

 

 


MADAME KATIA

Ce que je vous ai montré là-haut, c'était exactement pareil. Ils l'ont détruit. Car il ne comprennent pas ce que c'est.

J'ai tout nettoyé. Vous voyez cette partie là-haut? Je n'y arrivais pas. Et ce côté aussi, ils avaient peint par-dessus.
Jeghische: - Pour cacher que c'est arménien.
Katia: - Oui, et ils auraient pu le vendre.

Le cimetière entier est comme ça.

Et ils n'ont même pas honte, quand ils creusent et trouvent un cercueil en zinc, ils jettent la terre et enterrent leur mort par-dessus.
Homme: - Ne craignent-ils pas Dieu ?
Katia: - Comment sauraient-ils ce qu'est Dieu? Ils ne le savent pas. Ils font du fric. Ils parlent de Dieu pour faire du fric.

   

 

 

 

DAVID RSTAKYAN, chef du parti politique VIRK, Javakhk

Je dirai ce que notre côté, le Javakhk veut. Le problème des problèmes, tel que nous le voyons, est la conservation des Arméniens du Javakhk sur ce territoire, sur leur pays, leur droit de vivre et de vivre en dignité. Nous pensons essentiellement que nous ne devrions pas laisser les gouvernements (géorgiens) qui se succèdent changer la composition démographique. Des serieux efforts visant à cela sont en cours.

Nous disions que notre but final était la préservation des Arméniens. Ceci est notre but. Il y a plusieurs chemins. L'un est l'autonomie, un autre peut être l'indépendence. Si ce gouvernement n'est pas capable de résoudre ce problème humain, et avant tout humain, tel qu'est la préservation des Arméniens sur nos territoires, nous sommes même prêts à l'auto-détermination.

   

 

 

 

 

HAIR ABGAR, ancien Vice Chef du Diocèse Arménien en Géorgie, avant d'être muté en Arménie pour des raisons de sécurité personnelle

Demain est un grand jour pour ce village. Presque le village en entier sera baptisé. J'avais demandé à ce que viennent que les enfants, mais avec les enfants viennent les parents. Nous aurons des problèmes pour les parrains. Je demanderai aux pèlerins faisant le spectacle aujourd'hui de devenir parrains.

Il n'y a pas eu de prêtres dans le village d'Akhkiorpi depuis 70 ans. Pour des raisons comprehensibles pendant l'époque soviétique. Les villageois étaient coupés de tout soutien spirituel. Notre présence ici auhourd'hui est ausse celle du Diocèse Arménien de Géorgie. Elle apporte une nouvelle activité et un nouveau souffle. Nous en sommes heureux, mais notre visite ne doit pas s'arrêter là. Il faut nommer un prêtre pour la région de Marnéouli. Il sera basé dans notre ville (arménienne) de Chahoumian. Ce prêtre visitera les 7 villages autour. Ces 7 villages ont une population (arménienne) de 12.000, tous des enfants de notre Eglise. Ils furent négligés des années durant. Il est temps de réparer notre faute.
ET QU'EN PENSENT LES GEORGIENS?
VOYEZ LE DANS LE FILM.